the coconut alternative

 

social

2018

 

Projet de diplôme sous la direction de Guillaume Foissac

En partenariat avec l'association Friendship Bangladesh

 

Ancré sur la zone côtière du Bangladesh, ce projet propose

une solution à la salinisation des sols. Ce phénomène se produit majoritairement au niveau des rivages et désigne un taux de sel supérieur à 2% dans la couche arable de la terre, chiffre au-delà duquel il est presque impossible de cultiver les espèces habituelles. Plusieurs causes sont attribuées à ce phénomène, notamment

le processus de remontée des nappes phréatiques d’eau salée

dans les nappes d’eau douce liée à la montée des eaux.

 

Aujourd’hui, les méthodes de dessalinisation sont coûteuses

et courtermistes, nécessitant de grands moyens pour un résultat

qui n’est qu’éphémère. Par ailleurs, l'introduction de nouvelles graines halophiles (qui résistent au sel) n'est pas toujours envisageable

pour des raisons sanitaires.

 

Je me penche alors sur les propriétés halophiles du cocotier

et pense un écosystème vertueux. L'idée est de proposer

aux agriculteurs bangladais qui cultivent des légumes de dédier

une partie de leur parcelle à une plantation de cocotiers. Les feuilles du cocotier seraient utilisées afin de tresser des sacs de culture.

La partie extérieure des noix de coco, le mésocarpe, ferait office

de substrat, support de développement des légumes. Connue pour ses propriétés antiseptiques, la fibre de coco est un excellent substrat. Elle serait placée dans les sacs de culture. Les agriculteurs pourraient alors cultiver dans ces sacs les mêmes légumes qu’auparavant

mais hors-sol, et ce avec un investissement de base qui consisterait en une simple noix de coco. La partie intérieure des noix, la copra, serait vendue, assurant une partie de la sécurité financière

des familles. Enfin, le bois servirait de matière première.

 

Crédit photo : Véronique Huygue

Guillemette de Brabant

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Entourée de jardiniers, d’agronomes et de locaux, j’évalue les possibilités en calculant les volumes et les temporalités.

En commercialisant la coprah, sans même vendre les légumes cultivés, deux à trois cocotiers peuvent suffire pour payer la rente annuelle d’un terrain de petite taille. Par ailleurs, plus les terrains sont salés, moins ils sont chers. Contrairement à la plupart des systèmes d'agriculture hors sol, l’investissement de base est nul puisqu'il consiste en une simple noix de coco.

Le sac de culture doit remplir deux fonctions : sa base doit être suffisamment serrée pour ne pas laisser les sels présents dans le sol remonter dans le substrat par capillarité, tandis que les côtés doivent laisser apparaître suffisamment d'orifices pour pouvoir repiquer des légumes sur toute la surface du panier, augmentant sa capacité. Il doit faire environ 45cm de diamètre pour une hauteur variable en fonction de la longueur des feuilles, sachant que plus il sera haut, moins l’eau arrivera jusqu’en bas. Une colonne centrale de pierres qui s’étend sur toute la hauteur du sac permet à l’eau d’irrigation de circuler correctement jusqu’en bas.

Certaines espèces, comme les radis, les épinards, les carottes, les herbes aromatiques, peuvent être plantées sur toute la surface du sac, tandis que celles qui nécessitent plus d'espace (les tomates, les aubergines ou les courgettes par exemple) seront plantées sur la surface supérieure. La trame formée par le tressage peut servir d’indicateur pour savoir où repiquer ses semis, suivant chaque espèce.

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